03/06/2011

"Je fixais des vertiges" - A. RIMBAUD - Une Saison en Enfer, "Délires II : Alchimie du Verbe"


"Je fixais des vertiges" - A. RIMBAUD - Une Saison en Enfer, "Délires II : Alchimie du Verbe"

Et l'regard des Etreintes Brisées, iluminé...


Je fais des fautes. Ne les corrige pas. Les fautes sont à l'image du flux incessant de la vie, de la vague submergeant toute existence. Elles sont la preuve d'un bouillonnement intérieur producteur de tensions, d'actions, de gestes.
Sénèque écrivait, dans une Lettre à Lucilius, je crois, que la vie est portée par d'intenses flux, semblables aux vents -
Est-ce bien cela? Les souvenirs se mêlent dans mon esprit, jusqu'à créer une farandole de couleurs sans odeur, un transparent mélange de traits saillants, et de courbes floues.
J'aime cette idée.
Nous serions les esprits du vent, chacun tramontane ou zéphir, éternellement liés à ce mouvement incessant de flux et de relfux, cette impérieuse envie de caresser la réalité, ou bien, d'un geste rageur, de tout bousculer.
Les rapports humains se réduisent alors à des luttes incessantes, intestines, infiniment réglées autour du désir, visant à cerner l'autre.
Ondoyer autour de lui, le cerner, l'approcher lentement, langoureusement ; s'employer à le couvrir intégralement, le piéger ; l'enserrer profondément dans un filet invisible et pesant.
Est-ce cela? Est-ce bien cela?
 
 
 
Danserjuqu'àplussoif
Parlerjusqu'àplusfaim
Rêverjusqu'auVERTIGE.

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